| Transféré
un mois plus tard avec sa soeur Margot au camp de Bergen-Belsen,
Anne y trouve la mort au mois de mars 1945, elle n'avait même
pas seize ans. Seul le père d'Anne reviendra des camps
de la mort. De retour à Amsterdam, il reçoit des
mains de Miep Gies et Elly Vossen, deux des personnes qui avaient
veillé sur eux durant la période où ils vivaient
cachés, le journal d'Anne. Il décide de faire publier
les écrits de sa fille qui deviennent rapidement un best
sellers traduit en plusieurs dizaines de langues et adapté
tant au cinéma qu'au théâtre. L'Achterhuis,
la maison où Anne et sa famille se cachèrent, est
aujourd'hui un musée. Le rêve d'Anne Frank de devenir
un grand écrivain est aujourd'hui réalisé,
mais à quel prix. Sa vision du monde et les écrits
qu'elle nous laisse ne doivent jamais nous faire oublier. Voici
ce qu'écrivait Anne le 20 juin 1942 :
“Le papier est plus patient que les hommes.”
Ce dicton me traversa l’esprit alors qu’un jour de
légère mélancolie je m’ennuyais à
cent sous l’heure, la tête appuyée sur les
mains, trop cafardeuse pour me décider à sortir
ou à rester chez moi. Oui, en effet, le papier est patient,
et, comme je présume que personne ne se souciera de cahier
cartonné dignement intitulé Journal, je n’ai
aucune intention de jamais le faire lire, à moins que je
ne rencontre dans ma vie l’Ami ou l’Amie à
qui le montrer. Me voilà arrivée au point de départ,
à l’idée de commencer ce Journal : je n’ai
pas d’amie.
...
C’est là la raison d’être de ce Journal.
Afin de mieux évoquer l’image que je me fais d’une
amie longuement attendue, je ne veux pas me limiter à de
simples faits, comme le font tant d’autres, mais je désire
que ce Journal personnifie l’Amie. Et cette amie s’appellera
Kitty.".
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